Sachez charmer votre entourage: le nouveau leadership

Sachez charmer votre entourage: le nouveau leadership

Par Marc Boilard, auteur et conférencier

Le bon général ne donne jamais d'ordres et pourtant, tous font selon ses désirs.  Comment fait-il?  Assez simple : c’est une personne avant d’être un patron.  Il sait plaire autant qu’il sait diriger. Ou si vous préférez, pas de grand leader sans être un grand charmeur.

Quel pourcentage de vos relations est basé non pas sur un rapport d'autorité, mais plutôt sur un rapport de séduction?  Quelle motivation première donne le goût à un intervenant de faire selon vos désirs?  À quoi bon être un chef compétent si on ne donne pas le goût de vous suivre?

La communication interpersonnelle efficace est basée sur deux éléments : la transparence et la vulnérabilité.  Vous n’êtes pas un bon communicateur, vos idées ne se transmettent pas à autrui, si vous les imposez, sans chaleur.  Et pour ce faire, vous devez être à l’opposé de ce qu’on considère parfois être un leader : froid, distant, dédié à la cause mais inaccessible…

Comment peut-on être transparent sans se fragiliser?  Il m’a été souvent possible de remercier des fournisseurs sans aucune tension ni négativité de leur part, en prenant le temps de leur expliquer le pourquoi de ma décision.  Est-ce assez?  Non.  Ils l’ont acceptée parce que nous avions bâti une relation où j’étais à l’écoute, à proximité, sans jamais céder mon leadership.  Dans les temps plus durs, voir même, lorsque le contrat devait être révoqué, les gens savaient que la décision était la seule valable.

Quant à la vulnérabilité, c’est cette immense qualité qui se résume en deux phrases : peux-tu m’aider, et je me suis trompé. 

Vous n’avez pas à être le superhéro de votre organisation pour être reconnu comme le chef.  Au contraire!  Vous n’avez qu’à faire quelque chose que personne ne fait : écouter.

Lorsque j’étais gérant d’artistes de Kavanagh, Anctil, Morency et autres, j’avais une employée, Manon, qui était une bête opérationnelle.  Un jour, avant que je parte en vacances, elle me dressa la liste des quinze points qu’elle devait faire avant mon retour.  Je discute alors de cette liste avec elle, et sur les quinze points, j’en enlève onze.  Onze points qu’elle s’imaginait pouvoir faire sans moi, alors qu’elle devait attendre mon retour pour que les dossiers en question se concluent.  Et croyez-moi, je suis Mr délégation, donc il s’agissait réellement de dossiers qu’elle souhaitait régler mais qui nécessitaient mon retour. 

En ai-je profité pour la faire travailler plus?  Pas du tout.  J’ai dis à Manon : « Voici les quatre points que tu devrais faire pendant mon absence.  Si tu fais ces quatre tâches, tu vaux de l’or. »  Elle s’est mise à pleurer.  Manon, comme beaucoup d’employés portés sur les opérations, fonctionnait avec des listes, listes que la plupart des leaders s’amusent à voir grossir.  Pas moi. 

Manon avait compris qu’elle avait de la valeur pour moi dans la qualité de son travail, et non pas son volume.  Elle était et est restée une bête à abattre du boulot.

L’écoute ne prend pas une minute de plus si elle est sincère.  La transparence sauve du temps, la vulnérabilité rapproche.  Tout ça facilite.  Jamais vous ne perdez votre leadership en adoptant ces réflexes : vous le gagnez.

Et vous, êtes-vous un leader charismatique?  Êtes-vous un leader 2017?

Marc Boilard propose : sachez charmer votre entourage : le nouveau leadership, et Soyez compris, toutes deux sur la communication interpersonnelle et l’efficacité dans les organisations.